Nous avons eu entre les mains l’ouvrage de Jean-Yves Léopold intitulé « Le vortex de minuit ». Comme le stipule la quatrième de couverture « une histoire improbable, intrigante, lancinante, balançant entre romance amicale et mélancolie, et où le mystérieux le dispute au genre fantastique ».
En tous cas, il s’agit d’une plongée en poésie romanesque où perdre pied – en abandonnant corps et esprit aux courants généreux que ce si humaniste extraterrestre pulse en arabesques inattendues – fait un bien fou. Nous nageons dans la quintessence de la création littéraire : emporter le lecteur vers un ailleurs merveilleux – et parfois inquiétant – pour nous abandonner sur une rive que nous croyions connaître et que nous avons charge de redécouvrir.
Cette rencontre étrange a été déclenchée par curiosité, tout d’abord. Une pile de livres neufs posée sur un comptoir de restaurant et – surprise ! – offert aux curieux de passage « contre bons soins ». Cela attire toujours les esprits disponibles. Dans ces circonstances, la gratuité fait un peu peur car elle est souvent l’apanage des marchands de rêves – religieux ou pas – et des marchands tout court, prêts à toutes les ruses pour attirer le chaland. Après lecture, il n’en est rien ; vraiment un cadeau, ni bouteille à la mer, ni hameçonnage, ni subterfuge, et qui donne envie, effectivement, de renvoyer de « bons soins » à son auteur.
Vous ne trouverez probablement nulle part cet opus car hors circuits ordinaires. Ce court livre vit sa vie au hasard et selon le souhait probable de son auteur de le voir échapper à la mondialisation mercantile, et à l’attention de ceux qui croient à un monde meilleur, ces quelques extraterrestres téléportés ici pour un fragment d’éternité. Merci pour cet ovni et sa discrète, magnifique et inestimable plus value de cœur.