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Marketing du livre

Pourquoi se masquer les yeux ? Le livre est un produit comme un autre. Pour le vendre, il suffit de faire des affiches 4 x 3 et les étaler à l’entrée des villes, poster des messages et des vidéos teaser sur les réseaux sociaux, relayer le dossier de presse via tous les critiques achetés possibles instagrameurs ou pas, coller des quarts de page dans la PQR, montrer l’auteur à la télé s’il est vidéo-génique et le faire passer à la radio si sa voix est un peu suave ou décalée, livrer en masse 5000 libraires dans un lancement d’office simultané, être présents dans les salons du livre, participer aux compétitions nationales ou internationales, s’insinuer dans les sphères liées aux adaptations ciné ou télé et, une fois tout cela – et plus encore – fait, on commencera à parler du livre lui-même. Seulement là, il y a une petite chance qu’on commence à vous écouter, puisque vous aurez atteint la qualité essentielle pour cela, vous serez « connu ». Mais, soyons modestes, nous n’avons pas un budget d’un million d’euros pour être « connus » par ces voies et devoir vendre un million d’exemplaires pour le rentabiliser… Par ailleurs, nos auteurs ont plutôt tendance à fuir les plateaux, à parler bas et avec humilité ; devrions-nous envisager de leur faire faire des stages de communication adaptés à l’environnement médiatique ? Ou les remplacer par des avatars créés à l’aide d’une IA spécialisée ? Non, nous irons à notre rythme et à celui des lecteurs, les vrais, ceux qui font les réputations pérennes. Oui, nous le savons, le chemin est (beaucoup) plus lent mais ô combien plus gratifiant.

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