Une vieille blague illustre parfaitement le principe de ne pas confondre l’amateurisme et le métier (entre autres). C’est un peu trivial à l’origine mais tellement vrai ! Nous pensions que devenir éditeurs nous ouvrirait des paradis de lecture, des rencontres époustouflantes avec d’illustres inconnus et nous plongerait dans des textes ésotériques dont nous serions les ardents porteurs de flambeau. Non, cet espace-temps virtuel s’est volatilisé. Plus le temps de rien, sauf la logistique et les procédures. Nous avons déjà évoqué certains freins à la présentation d’une œuvre nouvelle – aussi bonne soit-elle – au réseau des distributeurs, libraires indépendants ou non. Ce qui nous est clair aujourd’hui c’est que, précisément, peu importe l’œuvre, seule compte l’intégration à un système de gestion. Depuis l’envoi d’un exemplaire à la Bibliothèque Nationale pour archivage initial, l’établissement d’un code ISBN pour l’ouvrage, la création d’un code distributeur, le référencement à une centrale d’achat ou bien site par site de votre entreprise avec code Siret et numéro de TVA intracommunautaire à la clé, tout est dépendant de ces questions rédhibitoires. Pour être simple : on ne peut pas exposer un seul livre sans ces éléments. Et tout ceci vient de mauvaises expériences de tout le réseau : mille auteurs roucoulent tous les ans à la porte des commerces et seulement trois pour cent reviennent chercher leurs invendus qui encombrent inutilement l’espace des libraires qui n’en ont pas beaucoup – en tous cas jamais assez -, d’espace. Le touriste croit que tout est simple, le professionnel en a tellement vu qu’il s’abrite derrière les procédures. Comme tous les gouvernements, par exemple. Aha, ha !
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