Écouter
Pause

Tel est pris

Tel est pris qui croyait prendre. Oui, c’est la loi du genre lorsque l’offre éditoriale est pléthorique, pour que les lecteurs tentent de se frayer un chemin vers un bouquin qui leur convient, cela passe par des filtres. Des filtres de genre, d’auteur, de titre, de prix, de disponibilité, de notoriété, d’allure de la couverture, de retours préalables, de résumé de quatrième de couverture, entre autres. Et lorsque une œuvre se trouve inclassable, que le nom de l’écrivain sent une origine lointaine, le titre semble empli de dérision, qu’on pourrait acheter quinze baguettes à la place d’un roman, que son libraire local ne l’a pas sous la main, qu’on ne l’a pas vu à la télé, que la photo de couverture – même très intrigante et drôle – ne dévoile rien du contenu, qu’on ne connaît personne qui l’ait lu et qu’on voit sur la quatrième de couverture que c’est impossible à résumer, eh bien, l’effet de mystère, de curiosité et d’intérêt intrinsèque de l’ouvrage disparaît au profit d’un voisin de rayon dont on a entendu parler, dont le nom dit quelque chose et qu’on prend plus facilement pour ne valeur sûre ; en tous cas plus sûre, apparemment, que cet OVNI étrange. C’est ainsi, et personne n’y peut rien. Nous agissons tous ainsi 99% du temps. Nous continuons à penser au pourcent qui, un jour, pourrait faire la différence.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *