Chers amis,
la sortie de mon dernier opus donne le ton de ce qui en est de l’édition en 2025. Il suffit de regarder les chiffres pour comprendre. Je sais bien que mon éditeur ne fait que suivre mes instructions (je suis à 100 % responsable, aha ha !) et les tests qui ont été effectués, à la dimension humaine de ce que nous pouvions observer attentivement, sont édifiants.
Apparemment – et je ne décortiquerai pas plus que cela les virgules – j’estime qu’il y a :
9,23 % d’achats du roman « le prix quoncourt » effectués par des proches,
16,32 % par des amis,
12,43 % par des relations,
61,91 % par des inconnus.
Sur 100 % des livres achetés :
66 % ont été lus (donc – sic ! – 33 % ne l’ont pas été après plusieurs semaines ou mois d’acquisition, principalement par les proches et les amis…),
et
7 % se sont prononcés sur leur ressenti (donc 93 % non !).
Sur ceux qui se sont prononcés, il y a :
71 % de gens totalement enthousiastes et qui ne comprennent pas pourquoi je ne suis pas aussi célèbre que Victor Hugo ou Philip K. Dick ou Sorj Chalendon,
26 % disent qu’ils ont « eu du mal avec les 30 ou x premières pages pour entrer dans mon univers mais après, ça a été super »,
3 % qui n’ont pas dépassé la page 30 car ils n’ont « pas eu assez de temps pour lire ».
Merci donc à tous ceux qui ont dépassé les 30 ou x premières pages d’avoir eu quelque confiance dans leur enrichissement potentiel, et aux autres d’avoir essayé !
Pour l’avoir dit cent fois en autant d’occasions, je sais bien que l’écriture de ce roman était un challenge : dépasser les a priori, les préjugés et les facilités habituelles du roman (intrigue trop simpliste, suspense hollywoodien calibré, rebondissement en fin de page ou de chapitre, personnages caricaturaux, etc).
Je suis ravi qu’une majorité frôlant le plébiscite ait appréciée cet exercice acrobatique qu’est « le prix quoncourt » et où il semble y avoir plus de littérature que d’habitude. Je ne m’en excuse pas, bien au contraire, car j’aime aussi que la littérature se situe un peu plus haut que le langage ordinaire et permette à l’esprit de vagabonder, voire de se perdre, sans sombrer immédiatement dans l’oubli d’une consommation, même gourmande, de lecteurs addicts au suspense qui fait tourner les pages comme on scrolle son smartphone.
Certains ont même osé prétendre que cette œuvre mérite une attention plus soutenue car elle s’inscrit dans la droite ligne des livres qui comptent. Si j’ai pu recevoir ne serait-ce qu’une fois ce jugement, je me sens « payé de mon salaire » et n’en demande pas plus à la postérité.
Quoi qu’on en dise, seul le bouche à oreilles peut aboutir à ce que d’autres puissent s’exprimer ainsi à l’unisson.
Cela prend du temps. Trop de temps pour obtenir même « le prix quoncourt » (re Aha ha!) mais peu importe car, rappelons-nous que la plupart des œuvres importantes ont été découvertes à titre posthume !
Et cela ne veut pas dire que je sois pressé de mourir ni souhaite qu’un nombre immense de fans se parque entre des barrières à bestiaux pour se faire dédicacer mes livres.
Une relation humaine avec les lecteurs me suffit. Et je doute même d’avoir envie que tout le monde me lise…
Je vous dis à bientôt et bonne lecture, celle de ma prose ou celle des autres ! Et, pour m’autociter : « Lisez, lisez, il en restera toujours quelque chose ! »
mp